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  <title>Fred, le Globe-Cooker rejoint le Club des Nouveaux Explorateurs</title>
  <description><![CDATA[A travers ce blog, véritable carnet de voyage, je vous emmène dans mon road-movie gastronomique  pour remonter à la source des recettes et des produits et vous faire partager mes expériences culinaires]]></description>
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<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/08/08/21-crise-de-foi-a-chang-mai">
  <title>Crise de foi à Chang Mai</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/08/08/21-crise-de-foi-a-chang-mai</link>
  <dc:date>2006-08-08T09:55:33+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>Chang Mai, 5H00 du mat. J’arrive de Bangkok par le train de nuit. J’ai laissé mon sac à dos à la consigne de la gare et me rends en pousse-pousse au marché couvert situé dans la vieille ville. Le conducteur est une vraie figure locale, tout droit sorti du film « Les tontons flingueurs » : un casque colonial, des Ray ban, une chemise prête à céder sous l’embonpoint, un short vraiment court, des chaussettes bleu marine remontées jusqu’au genoux et des mocassins trop petits…</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Chang Mai, 5H00 du mat. J’arrive de Bangkok par le train de nuit. J’ai laissé mon sac à dos à la consigne de la gare et me rends en pousse-pousse au marché couvert situé dans la vieille ville. Le conducteur est une vraie figure locale, tout droit sorti du film «&nbsp;Les tontons flingueurs »&nbsp;: un casque colonial, des Ray ban, une chemise prête à céder sous l’embonpoint, un short vraiment court, des chaussettes bleu marine remontées jusqu’au genoux et des mocassins trop petits…<img src="/dotclear/images/moines.jpg" alt="" /></p> <p>A mi-parcours, je n’en peux plus de le voir peiner et, pour blaguer, je lui propose de prendre sa place et lui la mienne. Contre toute attente, il me prend au mot et me voilà à 5.30 dans les rues (déjà bondées) de Chang Mai à pédaler comme un forcené et surtout à souffler comme un bœuf pour tirer les quelques 130 kilos qui se trouvent derrière moi !<br /><br /></p>


<p><img src="/dotclear/images/transport 3.jpg" alt="" /><br /><br /><br /><br /><br />
Arrivée au marché. C’est l’effervescence. Tout le monde fourmille. Les stands de nourriture sont en pleine action&nbsp;: currys, nouilles sautés, saucisses grillées, beignets, crêpes… ça dépote un max.  J’ai même retrouvé Mikaël Jackson qui vend, incognito, des bananes rôties !<br /><br />
<img src="/dotclear/images/bananesv2.jpg" alt="" /><br /><br />
Malgré l’heure encore très matinale, toutes ces senteurs me mettent en appétit. Je m’installe à une petite table et commande un Khao Soï, un curry rouge de poulet aux nouilles croustillantes. Une tuerie&nbsp;! Quelques personnes sont, comme moi, attablées, mais la majorité préfère la formule «&nbsp;take-away » et là les Thaïs sont rois en la matière&nbsp;: il leur suffit d’un petit sachet en plastique, d’un élastique et surtout d’un tour de main avisé pour vous conditionner n’importe quelle portion de façon élégante, raffinée et très gourmande. <br /><br />
Soudain, j’assiste à une véritable «&nbsp;invasion » de moines. Ils arrivent par dizaine de toute part dans les allées du marché. Ils ont tous en main une sorte de grande soupière et là je comprends mieux le succès du «&nbsp;take-away »&nbsp;: c’est l’heure de offrandes. A partir de 6H00, les moines sortent des temples et se rendent dans la ville pour collecter la nourriture offerte. Pour info, le bouddhisme leur interdit d’acheter de la nourriture. Leur survie alimentaire ne doit être assurée que par la générosité des fidèles. Ils n’ont droit qu’à un seul repas par jour qui doit être pris avant midi. <br /><br />
Me voilà tout à coup pris d’une crise de foi… bouddhiste j’entends&nbsp;! Je prends donc le plis et achètent 5 repas composés chacun d’un sachet de curry vert de crevettes, un autre de riz gluant, un troisième de salade de papaye verte et quelques douceurs pour finir (notamment des «&nbsp;foïe tong », des Baklavas thaïes dont je raffole). J’ai emprunté une cagette à un vendeur pour stocker tout ça (4 X 5 sachets, vous imaginez la masse d’offrandes !). Je ne mets pas longtemps à trouver les heureux bénéficiaires. <br /><br />
4 novices (c’est comme cela que l’on appelle les moines juniors, tous âgés entre 7 et 13 ans) accompagnés de leur maître Prapayoun, âgé lui de 23 ans. A tour de rôle, ils ouvrent leur soupière et je dispose consciencieusement mes petits sachets à l’intérieur. Je crois bien avoir fait pêter leur record de l’année&nbsp;: pour preuve, ils n’arrivent quasiment pas à refermer le couvercle de leur récipient, tellement ce dernier déborde de nourriture !<br /><br />
Fidèle à mon habitude, je tape l’incruste et me voilà tchatchant avec Prapayoun sur le chemin du retour. Il m’explique que les novices sont pour la plupart des jeunes issus de milieux très défavorisés&nbsp;; les parents voyant, par ce biais, un moyen d’éduquer leurs enfants et de soulager leurs charges financières. J’essaye d’en savoir un peu plus sur le rapport des moines à la nourriture&nbsp;: Y’a-t-il des jours où il n’y a pas assez en quantité pour nourrir tout le temple&nbsp;? des jours où ce n’est vraiment pas bon&nbsp;? dans ce cas, n’abstiennent-ils&nbsp;? Que cuisinent-ils lorsqu’ils ne peuvent pas faire autrement&nbsp;? A toutes ces questions, Prapayoun reste très réservé et surtout très bouddhiste&nbsp;: «&nbsp;On ne se pose pas la question de savoir si c’est bon ou pas, s’il y en a trop ou pas assez. C’est comme ça. Manger n’est pas une fin en soi. C’est la méditation qui prime. C’est pour cela que l’on n’a pas le droit d’acheter de la nourriture. Notre temps doit être optimisé pour la prière… ». Bon, sur ce point, vous vous en doutez, je ne peux abonder dans son sens. Je préfère malgré tout m’abstenir de tout commentaire. Je n’ai vraiment pas envie de contrarier mon nouvel ami… Au contraire, je ne peux résister au plaisir de lui offrir un «&nbsp;kit d’offrandes » (véridique !) que j’ai glané au marché&nbsp;: il s’agit d’un sceaux en plastique bourré de mille et une kitcheries à destination des moines&nbsp;: savon, riz, lessive, gâteaux secs, soupes déshydratées… <br /><br />
…Ma foi, avec tout ça, ce serait bien le diable si je ne gagne pas des points pour mon Karma !!!<br /><br /><br />
<img src="/dotclear/images/moines.jpg" alt="" /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Recette du Khao Soï<br /><br />
Ingrédients pour 6 personnes :<br /><br />
300 grammes de nouilles aux œufs<br /></p>


<p>300 grammes de blancs de poulet coupés en petites lanières<br /></p>


<p>4 échalotes émincées<br /></p>


<p>6 gousses d’ail hachées<br /></p>


<p>3 tiges de citronnelle finement hachées<br /></p>


<p>3 petits piments rouges frais<br /></p>


<p>50 cl de lait de coco<br /></p>


<p>½ litre de bouillon de volaille<br /></p>


<p>2 cuillérées à soupe de sauce soja <br /></p>


<p>2 cuillérées à soupe de nam pla (nuoc mam)<br /></p>


<p>Le jus d’un citron vert<br /></p>


<p>1 cuillérée à soupe de sucre<br /></p>


<p>2 cuillérées à café de pâte de piment rouge<br /></p>


<p>4 cuillérées à soupe d’huile végétale<br /></p>


<p>Une cuillérée à soupe de coriandre hachée<br /></p>


<p>Poivre<br /></p>



<p>● Faites cuire 200 grammes de nouilles dans une casserole d’eau bouillante. Egoutez-les et réservez-les. <br /></p>


<p>● Faites chauffer 2 cuillérées à soupe d’huile et faites y  frire les 100 grammes restant de nouilles. Egoutez-les et réservez-les. <br /></p>


<p>● Faites chauffer les 2 cuillérées à soupe d’huile restant et faites revenir les échalotes, l’ail et la citronnelle pendant 2 minutes.<br /></p>


<p>● Ajouter le bouillon et le lait de coco. Couvrez, puis laissez mijoter pendant 3 minutes. <br /></p>


<p>● Ajoutez le poulet, la sauce de poisson, la sauce soja, le sucre, la pâte de curry, le poivre. Mélangez et laissez mijoter pendant 3 minutes. <br /></p>


<p>● Ajoutez les nouilles égouttées, le jus de citron vert, puis la coriandre<br /></p>


<p>● Servez la soupe dans des bols individuels et parsemez de nouilles frites et de quelques feuilles de coriandre.<br /><img src="/dotclear/images/khosoiv2.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/08/03/19-saturday-night-fever-a-bangkok">
  <title>Saturday night fever à Bangkok…</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/08/03/19-saturday-night-fever-a-bangkok</link>
  <dc:date>2006-08-03T11:48:23+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>Après une virée nocturne, pour nous autres « farang » (occidentaux), et plus précisément « farangset » (français) ( et je vous parlerai plus tard de la petite histoire expliquant pourquoi le terme thaï désignant les blancs se prononce « français ») ce sera plutôt café-croissants aux 2 Magots, voire soupe à l’oignon au Procope. Mais à Bangkok, qu’est ce qu’on mange en after ? Voilà  ce que je voulais savoir !</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Après une virée nocturne, pour nous autres «&nbsp;farang » (occidentaux), et plus précisément «&nbsp;farangset » (français) ( et je vous parlerai plus tard de la petite histoire expliquant pourquoi le terme thaï désignant les blancs se prononce «&nbsp;français ») ce sera plutôt café-croissants aux 2 Magots, voire soupe à l’oignon au Procope. Mais à Bangkok, qu’est ce qu’on mange en after&nbsp;? Voilà  ce que je voulais savoir !<img src="/dotclear/images/pad thai.jpg" alt="" /></p> <p>Je me mets donc en quête de répondre à cette question. Direction Sinka street, une rue entièrement dédiée aux boites de nuits, dans un quartier pas très engageant (la rue est encadrée par 2 bretelles d’autoroute et un boulevard ultra passant). Sur 500 mètres, une dizaines de night-clubs se succèdent, tous aussi luxueux les uns que les autres. On a vraiment l’impression que Philippe Stark et Andrée Putmann se sont tirés la bourre à celui qui ferait la plus belle déco&nbsp;! Fauteuils en cuir blanc, lumières tamisées, une partie «&nbsp;lounge », une autre «&nbsp;dance », des jardins extérieurs avec mille et unes plantes luxuriantes (facile pour la Thaïlande)… Belle leçon pour de nombreux établissements parisiens&nbsp;!
Là, la jeunesse dorées bangkokaise se trémousse sur des musiques très occidentales, mais également (c’est à mourir de rire) sur des remakes de tubes tels que «&nbsp;Like a virgin » de Madonna, «&nbsp;YMCA » des Village People ou encore «&nbsp;Fever » de notre Killye adorée&nbsp;! <img src="/dotclear/images/danseuse.jpg" alt="" />Ce qui est bien en Thaïlande, notamment à Bangkok, c’est que toutes les boîtes ont pour obligation de fermer à 2H00 du mat (je me répète, l’Asie appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais également à ceux qui se couchent tôt…). <br /><br /></p>


<p>Je me poste à l’entrée de la rue, prêt à les suivre dès leur sortie de boîte.
Tous se ruent sous une des deux bretelles d’autoroute où se sont installées comme par magie une vingtaine d’échoppes (je vous jure qu’il n’y avait rien 1 heure avant, lors de mon premier passage !).<br /><br /></p>



<p>Pad Thai (plat national, je vous le rappelle), Soupe de nouilles au porc croustillant, Salade de papaye verte, Lap de porc à la citronnelle, Satay de poulet à la sauce cacahuètes (j’en suis fou !)… A chaque marchand ambulant sa spécialité culinaire.<br /><br /></p>



<p>Des petites tables et des tabourets en plastique ont été installés sur toute la longueur du pont suspendu …. A même la rue&nbsp;!
Quel contraste avec la déco des boîtes, c’est saisissant !. Tous les nightclubbers ( fringués top fashion limite délire…) sans exception font un stop «&nbsp;encas » avant de reprendre taxis ou bus qui attendent patiemment. Je ne vous cache pas que c’est assez drôle de voir surtout les jeunes filles ultra minces (à la limite du maigre, vive Kate Moss !) s’enfiler d’énorme Pad Thai ou des Lap de porc sans aucun complexe, un peu comme si les parisiennes branchées se faisaient une entrecôte-frites à la sortie du Baron !<br /><br /></p>



<p>Mais vraiment et pardessus tout quelle vision totalement décalée (type photos de mode Mondiano )&nbsp;: lumière blafarde baignant un décor super glauque, enfumé et dans lequel continuent de se trémousser quelques filles lianes top lookées !<br /><br /></p>



<p>J’en profite pour passer en revues les stands et tchatcher avec les marchands. Je m’attarde sur celui dédié au Pad Thaï car c’est toujours spectaculaire de voire avec quelle agilité ils réalisent en 2 minutes un plat d’une gourmandise extrême. Je suis littéralement fasciné… Pas pour longtemps, car je sens un gros chat me passer sur les pieds. Je m’accroupis pour essayer de le caresser (j’adore les chats). Et là, c’est l’horreur, il s’agit d’un rat !!!! Je pousse un hurlement de terreur&nbsp;! Je n’ai encore jamais vu un rat de cette taille (plus gros que mon chat qui fait facilement 8 kilos). Aussi terrifié que moi, il prend la fuite et se met à détaler entre les tables. Bien sûr, toutes les personnes proches de la scène éclatent de rire et se moquent de moi, pauvre farang sensible…
Bon, finalement je n’ai plus trop faim… Toutes ces émotions m’ont épuisées. Sawadee krap !<br /><br /></p>




<p><ins><strong>Recette du Pad Thaï</strong></ins><br /><br /><br /></p>




<p><img src="/dotclear/images/pad thai.jpg" alt="" /><br /><br /><br /></p>




<p><strong>Ingrédients pour 6 personnes :</strong></p>


<p>400 grammes de nouilles de riz larges et plates
3 échalotes
2 oignons
3 gousses d’ail
1 ou 2 petits piments rouges frais
6 brins de ciboules (ou un bouquet de ciboulettes et 4 petits oignons)
½ botte de coriandre hachée.
250 gr. de pousses de soja fraîches
2 cuillérées à soupe de sauce soja
2 cuillérées à soupe de sauce poisson (nam pla)
1 cuillérées à soupe de sauce aux huîtres
Le jus d’un citron vert
2 œufs battus
1 cuillérée à soupe de sucre
3 cuillérées à soupe d’huile végétale
3 cuillérées à soupe de cacahuètes concassées</p>



<p>Hachez finement les échalotes, l’oignon, l’ail, le piment, la partie blanche des ciboules.</p>


<p>Dans un wok ou une large sauteuse&nbsp;:</p>


<p>Faites chauffer l’huile et faites y revenir les légumes hachés pendant une minute.</p>


<p>Ajoutez les nouilles, la sauce poisson, la sauce soja, le sucre, la sauce aux huîtres, 2 cuillérées à soupe d’eau et faites revenir le tout 1 minute.</p>


<p>Ajoutez les pousses de soja, les œufs battus et faites revenir pendant 1 minute en remuant en permanence.</p>


<p>Ajoutez la coriandre, la partie verte des ciboules et le jus de citron vert. Mélangez.</p>


<p>Dressez les assiettes en les parsemant de cacahuètes concassées</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/08/03/18-merci-axelle">
  <title>Merci Axelle !</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/08/03/18-merci-axelle</link>
  <dc:date>2006-08-03T11:40:00+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>Personne ne veut me croire quand je dis que « la Thaïlande, c’était pas des vacances ! » et que l’on a bossé comme des dingues ! A pied, à moto, en touk-touk, à vélo, en bus, en pick-up, en train, en avion, en barque, sur un speed boat…</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Personne ne veut me croire quand je dis que «&nbsp;la Thaïlande, c’était pas des vacances&nbsp;! » et que l’on a bossé comme des dingues&nbsp;! A pied, à moto, en touk-touk, à vélo, en bus, en pick-up, en train, en avion, en barque, sur un speed boat…<img src="/dotclear/images/coup de pompe 3.jpg" alt="" /></p> <p>... tous les moyens étaient bons pour parcourir les quelques 5000 km de routes et de mers thaïlandaises. 6.00 correspondant à une grâce mat (je me répète l’Asie appartient à ceux qui se lève tôt !). Moi, j’ai un truc infaillible pour gérer la fatigue (je l’ai piqué à Axelle Laffont, la comédienne, dont je suis fan)&nbsp;: c’est la micro-sieste&nbsp;! L'essayer, c’est l’adopter. Jugez plutôt…
<img src="/dotclear/images/coup de pompe 3.jpg" alt="" /><br />
<img src="/dotclear/images/coup de pompe 2.jpg" alt="" /><br />
<img src="/dotclear/images/coup de pompe.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/08/01/16-serveur-dun-jour">
  <title>Serveur d’un jour</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/08/01/16-serveur-dun-jour</link>
  <dc:date>2006-08-01T20:08:01+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>Ubon Ratchatani. Une ville à l’extrême Est du pays, à la frontière du Laos. Une des régions les moins touristiques de Thaïlande. Les guerres de tribus rendaient, jusque depuis peu, le climat très peu sûr, en plus de la pauvreté de son industrie et de son agriculture… Si vous vous y rendez, ne comptez pas vous la jouer poule de luxe en vous prélassant dans un palace, mais misez plutôt sur la découverte d’une région en décalage complet avec le reste du pays…</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Ubon Ratchatani. Une ville à l’extrême Est du pays, à la frontière du Laos. Une des régions les moins touristiques de Thaïlande. Les guerres de tribus rendaient, jusque depuis peu, le climat très peu sûr, en plus de la pauvreté de son industrie et de son agriculture… Si vous vous y rendez, ne comptez pas vous la jouer poule de luxe en vous prélassant dans un palace, mais misez plutôt sur la découverte d’une région en décalage complet avec le reste du pays…<img src="/dotclear/images/ubon 2.jpg" alt="" /></p> <p>… mais néanmoins splendide&nbsp;: des rizières à perte de vue, un camaïeu de verts, des cours d’eau aux couleurs changeantes et une gastronomie excellente auront tôt fait de vous conquérir. Rajoutez à cela une «&nbsp;fête des bougies » à l’occasion de la mousson et là vous n’aurez plus aucune excuse…
Me voilà donc arpentant les rues de cette ville très provinciale. Tantôt je suis dans une ville, tantôt à la campagne. Va savoir… En tout cas, des grues et des bétonneuses me poussent à croire que cette quiétude ne va pas durer. Rendez-vous dans 2 ans et mon plan de la ville sera bon à aller au panier&nbsp;! J’en profite donc et m’enquiers du programme des réjouissances. Je m’étais imaginé que cette fête consistait à mettre à l’eau des petites chandelles allumés (reposant sur des feuilles de bananier pliées en forme de petites barques), en vue d’expier ses mauvaises actions. Clichés quand tu nous tiens…
Il n’en est rien. En fait, cette manifestation n’est ni plus ni moins qu’un grand concours inter temples (bouddhistes) de sculpture sur bougies !!!. Mais attention, pas n’importe quelle bougie .Il s’agit là de sculptures géantes, entre 3 et 5 mètres de haut et environ 8 de long, représentant chacune des scènes bouddhistes&nbsp;: dragons, moines, chevaux et autres bestioles sacrées sont donc à l’honneur. <img src="/dotclear/images/ubon 2.jpg" alt="" />Près de 60 temples de la région participent à cet événement. Dans chacun d’eux, tous les moines sont réquisitionnés. Ils disposent d’environ un mois pour réaliser les œuvres, pas plus. Tout simplement parce qu’avant, cela correspond à la saison chaude (avril à mai) et qu’il serait vain de vouloir travailler la cire d’abeille sous une telle chaleur (ça fond au-delà de 40 C°, à moins de se complaire dans la création éphémère…). Les œuvres sont ensuite exhibées sur d’immenses chars le temps d’une parade dans la ville. Je me rends donc dans un des temples de la ville. Je décide donc d’apporter ma maigre contribution à l’édifice en me collant à l’atelier dentelle (là, c’est la bigouden qui sommeille en moi qui se réveille !). Bon,  c’est pas gagné d’avance, mais je dois reconnaître que le cours de sculpture sur fruits dispensé par Adjan Yinsak (cf. Ma journée avec Adjan Yinsak) m’est quelque peu bénéfique. Et cette fois-ci sans me couper. Merci Adjan&nbsp;!</p>


<p>Il me reste une journée à «&nbsp;tuer » d’ici le défilé et ce n’est pas les attractions culturelles de la ville qui vont s’en charger. Je décide donc le lendemain matin de me mettre en quête d’un restaurant sympa où je pourrais déguster un lap de porc. Il s’agit d’une spécialité de la région absolument délicieuse. Ce n’est autre que l’ancêtre du steak tartare poêlé. On troque les câpres par des piments, les cornichons par de la citronnelle et le persil par de la ciboules et de la coriandre. Ajoutez un peu de Nam Pla en guise de Worcestershire sauce et de ketchup et le tour est joué&nbsp;! Je me sers donc de mes quelques mots de thaï appris au cours de mon voyage (déjà 4 semaines, je n’en suis pas encore à rêver en thaï, mais parfois à jurer&nbsp;: c’est plutôt bon signe…) pour tchatcher bons plans et bonnes tables avec une petite vendeuse de Pad Thaï dans une échoppe de rue. J’arrive tant bien que mal à lui faire comprendre que je suis en recherche d’authentique, pas un piège à touristes (même si dans la région, cela apparaît comme une hérésie tellement il y a peu de touristes…). Elle m’indique une adresse sur les bords du fleuve. Très pittoresque selon elle.</p>


<p>Je hèle un taxi-mobilette et m’y rends sans plus attendre. Il est midi et là je trouve un restaurant vraiment insolite&nbsp;: des cuisines installées sous des cannis, un ponton traversant le fleuve et desservant de parts et d’autres des petits salons privatifs (si les frères Costes voyaient ça, ils doubleraient leur fortune en développant ce concept sur Paris&nbsp;! ). Tout simplement incroyables !!! Dans chaque salon, se tiennent des familles entières, venues prendre du bon temps sur le fleuve, commandant pléthores de plats (bien plus que ce qu’ils pourront ingurgiter) et faisant trempète quand la chaleur devient vraiment intenable. Sanuk mak mak !!!
Il me vient une idée. Plutôt que de m’attabler bêtement et commander MON lap favori, je leur demande de m’engager pour la journée, maintenant que ma (petite) maîtrise du thaï me le permet. Patcharin, la patronne de l’établissement accepte avec un grand éclat de rire. Au moins, elle se dit qu’elle ne va pas s’ennuyer avec un «&nbsp;farang » dans ses rangs…
Aussitôt dit, aussitôt fait&nbsp;: elle me fourgue un plateau dans les bras et attend que je lui pose la question clé&nbsp;: «&nbsp;Key aray ?» (C’est pour quelle table ?). Pas si top brêle que ça le farang…  Me voilà parti pour un service pas comme les autres. Les plateaux sont super lourds car bondés de plats, notamment (histoire de compliquer l’exercice) des soupes arrivant à raz bord de leur récipient… Le ponton est non seulement étroit (l’enfer lors des croisements de serveurs), mais en plus très instable. Une erreur de ma part et c’est la catastrophe&nbsp;: le plateau et moi par-dessus bord. Ouf, il n’en est rien. Il fait une chaleur de bête (au moins, si je tombe,  la fraîcheur de l’eau n’en sera que consolation…). Pour pimenter le tout, il faut naturellement se déchausser avant de pénétrer dans les petits salons flottants (j’ai bien fait de troquer les Caterpillar par les Birkenstock…). Je deviens vite l’attraction du restaurant, les clients tchatchant avec moi, me demandant comment j’en suis arrivé là. On papotte, on rigole, on fait des photos avec toute la famille, on me propose des coups à boire&nbsp;; «&nbsp;May pen rai ka, pom khan tham ngan&nbsp;! » (Désolé, je ne peux pas, je suis en service !). Dommage, il fait tellement bon vivre en leur compagnie…
Même si je ne suis pas d’une efficacité redoutable, je sens que la patronne est ravie par toute cette effervescence autour de moi. Certains salons demandent même à la patronne s’ils peuvent être servi par moi. D’autres finissent par recommander des plats (alors qu’ils ont terminé de manger depuis longtemps), pour le simple plaisir de me voir arriver avec un plateau et lancer à la cantonade&nbsp;: «&nbsp;Sawadee Krap, Ma leo Krap&nbsp;! » (bonjour, patience j’arrive !)  … Trop cool.</p>


<p>Je n’y ai encore pas fait allusion, mais côté assiette, c’est tout simplement du délire&nbsp;! Des poissons à la tête de serpent à l’ail et au basilic (une tuerie !), des Tom Yam (soupes) aux fruits de mer à tomber par terre, des poulets marinés et cuit dans l’ancêtre du four.
Focus sur le prototype de Rozières (un comble pour un pays où il n’existe officiellement pas de four…)&nbsp;: le poulet (mariné dans une pâte de piments, de la sauce soja et du nam pla) est ensuite embroché sur une pique fixée dans le sol. On recouvre le tout d’une énorme boîte de conserve vide (genre boîte de petits pois que l’on trouve dans les collectivités). On dispose des écorces de noix de coco tout autour en remontant jusqu’en haut du bidon. On craque une allumette et le tour est joué. Il suffit de 20 minutes seulement (et oui, ce four fait également combiné micro-ondes…) pour obtenir un poulet croustillant à l’extérieur et fondant à l’intérieur. Un pur bonheur de saveurs et de consistance.
Enfin, je lève le secret de la recette du fameux lap (voir plus haut) mais là, grand luxe, au canard !!! Pour plus de détail, rendez-vous au prochain billet…
Une recette pour le coup vraiment insolite et unique (en 4 semaines, je n’avais encore jamais eu l’occasion de m’y frotter), ce sont les «&nbsp;Dancing Shrimps » («&nbsp;Kang Ghoung » ou «&nbsp;crevettes dansantes »). Une tablée m’avait passé commande de ce plat. Intrigué par le titre, je demande à un des cuisiniers de me faire une démo express.
1/ Allez pêcher les crevettes&nbsp;! Il nous est tous arrivé au moins une fois dans un restaurant de lancer alors que l’on s’impatiente de voir arriver notre plat «&nbsp;ils sont partis le pêcher ou quoi&nbsp;! » et bien là c’est pour de vrai !!!!
2/ Ajoutez les condiments&nbsp;: piments, nam pla, jus de citron vert, ail frit, échalotes émincées et coriandre ciselée.
3/ Mélangez…. Servez et mangez tant que les crevettes sont encore frétillantes !!!</p>


<p>Dingue, moi qui croyais que «&nbsp;dancing » sous entendait que les crevettes étaient sautées minute et bien non elles restent crues et sautillantes comme si elles dansaient&nbsp;! Les Thaïs en sont fous !!! C’est de sentir la bestiole bouger en bouche qui les existe… Va comprendre. Ca reste entre nous, mais moi je n’ai pas trouvé ça top délire. J’ai beau parler un peu le thaï, il me faudra encore pas mal de temps pour me familiariser avec ces bizarreries culinaires…</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/30/15-curry-mussaman-a-phan-ga">
  <title>Curry Mussaman à Phan Ga</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/30/15-curry-mussaman-a-phan-ga</link>
  <dc:date>2006-07-30T11:44:59+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>Je suis dans la baie de Phan Ga dans un adorable village sur pilotis, dont la particularité est d’être entièrement musulman. Avec cette succession de petites maisons en bois, chacune ayant une couleur pastelle distincte, j’ai plus l’impression d’être à Göteborg qu’à Phi Kin. Le chant du muezzin  provenant de la splendide mosquée, tout d’or vêtue, ainsi que le tchador que portent les femmes me ramènent à la réalité…</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Je suis dans la baie de Phan Ga dans un adorable village sur pilotis, dont la particularité est d’être entièrement musulman. Avec cette succession de petites maisons en bois, chacune ayant une couleur pastelle distincte, j’ai plus l’impression d’être à Göteborg qu’à Phi Kin. Le chant du muezzin  provenant de la splendide mosquée, tout d’or vêtue, ainsi que le tchador que portent les femmes me ramènent à la réalité…<img src="/dotclear/images/massaman.jpg" alt="" /></p> <p>Au marché, je rencontre Phi Jay. On parle chiffons… notamment du fameux curry mussaman  (prononcez Matsaman) que je rêve de maîtriser depuis longtemps. Ce curry, d’influence musulmane, se distingue des autres par ses senteurs fortement prononcées d’anis étoilé et de clous de girofle, ainsi que sa consistance épaisse due à la richesse du lait de coco.<br /><br /></p>



<p>Par chance, elle s’apprête à en préparer pour le déjeuner. Aux crevettes pour changer du boeuf (Ghoong Mussaman). Je finis de faire le marché avec elle. On fait un crochet par le marchand de noix de coco (du lait de coco home made, ça n’a rien à voir !), et sa cousine qui possède un vivier de poissons et de fruits de mer. <img src="/dotclear/images/massaman.jpg" alt="" />Là, je réalise que «&nbsp;Ghoong » signifie «&nbsp;Crevettes » au sens large englobant ainsi les langoustes&nbsp;! Allez, va pour les langoustes, je ne vais pas jouer les difficiles ;-)
Phi Jay possède 2 cuisines, une en plein air et une autre en intérieur… Quel luxe !<br /><br /></p>



<p>On commence par la première. C’est à vous couper le souffle&nbsp;: elle est située au pied d’une falaise, identique au rocher mythique de Goldfinger (qui, pour de vrai, est basé à 15 minutes en bateau de la maison de Phi Jay… décevant au possible entre nous car c’est Disneyland dans toute son horreur !). On prépare le lait de coco. Trop top&nbsp;: on mouille la chair de coco fraîchement râpée, on malaxe avec nos mains et puis l’on filtre pour obtenir un lait riche, onctueux et parfumé (pour obtenir 1 litre de lait de coco, il faut compter 2 kilos de chair de coco). On tranche à vif (dans le sens de la longueur) les langoustes (à cette occasion, je revêts à nouveau ma cagoule de bourreau&nbsp;! cf. billet «&nbsp;Bourreau malgré moi&nbsp;! ») et on prépare la fameuse pâte de curry Mussamam. Petite recettes express&nbsp;: 8 tiges de citronnelles, 10 petits piments séchés, 4 gousses d’ail, 4 échalotes, 1 doigt de curcuma, 1 cuillérée à soupe de poivre, une anis étoilé, 2 clous de girofle. On broye le tout dans un mortier ou, plus simple, dans votre robot Magimix (Phi Jay m’avoue que c’est désormais comme cela qu’elle procède). Aujourd’hui, c’est un peu pour le folklore (elle a bien vu que j’étais en quête d’authentique…).  <br /><br /></p>



<p>On se rapatrie à l’intérieur pour la phase cuisson. Sa cuisine est grande et spacieuse. Avec de grandes ouvertures sur la mer… tout droit sortie de la revue Elle Déco&nbsp;! Là, un jeu d’enfants&nbsp;: on fait chauffer le curry dans un grand wok pendant 3 minutes&nbsp;; on rajoute le lait de coco. Une fois que le tout arrive à ébullition, on plonge les langoustes dans le liquide. On laisse le tout sur feu vif pendant 10 minutes. 2 cuillérées à soupe de Nam Pla, une de sucre en poudre. On remue. On coupe le feu et on sert sans attendre, accompagné de riz vapeur. <br /><br /></p>



<p>Fermez les yeux, laissez-vous envoûter par le muezzin, le clapot de la mer contre les pilotis et les parfums de ce curry vraiment pas comme les autres…  <img src="/dotclear/images/massaman 2.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/30/14-gitans-de-la-mer">
  <title>Gitans de la mer</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/30/14-gitans-de-la-mer</link>
  <dc:date>2006-07-30T11:38:16+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>Je suis dans la mer d’Andaman. Pour gagner du temps et booster les occasions de rencontres, nous avons loué un speed boat pour la semaine. Bon, d’accord, ça peut faire poule de luxe de prime abord, mais vous savez en basse saison (c'est-à-dire juin, juillet), il ne vous en coûtera que 240 euros par jour (comprenant un hors-bord 2 X 240 chevaux, le carburant, 2 (très beaux) pilotes, tout l’équipement nécessaire au snorkling, des fruits et des boissons à volonté. Sachant que l’on tient facilement à 6 amis, je vous laisse faire le calcul par jour et par personne. A bon entendeur…</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Je suis dans la mer d’Andaman. Pour gagner du temps et booster les occasions de rencontres, nous avons loué un speed boat pour la semaine. Bon, d’accord, ça peut faire poule de luxe de prime abord, mais vous savez en basse saison (c'est-à-dire juin, juillet), il ne vous en coûtera que 240 euros par jour (comprenant un hors-bord 2 X 240 chevaux, le carburant, 2 (très beaux) pilotes, tout l’équipement nécessaire au snorkling, des fruits et des boissons à volonté. Sachant que l’on tient facilement à 6 amis, je vous laisse faire le calcul par jour et par personne. A bon entendeur…<img src="/dotclear/images/pee pee 1.jpg" alt="" /></p> <p>Nous arrivons sur Pee Pee Island (remember La Plage avec Caprio et Ledoyen… à couper le souffle&nbsp;! Aussi beau que dans le film !!!!). C’est vraiment le paradis. Une succession de cartes postales. Les plages sont toutes plus belles les unes que les autres. L’eau est cristalline et d’un bleu turquoise incroyable. Je ne rêve que d’une chose&nbsp;: plonger la tête la première !!!
En contournant l’île, on distingue un petit village de pêcheurs installé sur une des plages dont je vous ai parlées. On accoste. A nouveau (cf. billet «&nbsp;Bourreau malgré moi », j’ai l’impression que le village d’Astérix a emménagé sur la riviera !). Pi Chay, le chef du village, nous accueille avec un large sourire (oui, je sais c’est un pléonasme en Thaïlande…). Il nous explique qu’ils vivent de la pêche aux calamars. Organisés en coopérative, les 30 habitants du village sillonnent la mer et s’installent de façon temporaire (c'est-à-dire 6 mois) sur des plages qui leur paraissent les plus propices à la pêche. Derrière cette joie de vivre se cache malgré tout une vraie misère&nbsp;: pas d’électricité, de l’eau de pluie et surtout le souvenir encore douloureux du Tsunami qui a décimé un quart du village. C’est ainsi que Pi Chay a «&nbsp;adopté » le fils de ses voisins disparus dans le raz de marée… <br /><br /></p>



<p>Plutôt que de me la jouer faignasse sur une des plages de l’île, je décide de profiter de l’hospitalité de Pi Chay et de sa famille pour quelques jours. Il est près de 19H00. J’aide Pi Noun, sa femme, à préparer le dîner&nbsp;: une simple soupe de poissons à la citronnelle et au citron vert, des dorades frites au Nam Pla et bien sûr du riz, incontournable -pour info, «&nbsp;manger » en thaï se dit «&nbsp;kin khao » (manger riz)- . On dîne et puis on se couche. Pas question de faire une grâce mat demain&nbsp;: le calamar n’attend pas !<br /><br /></p>



<p>6H00 du mat. <img src="/dotclear/images/pee pee 1.jpg" alt="" />J’ai troqué mon speed boat pour le bateau de Pi Chay. Je n’y perds pas au change. Il est magnifique, surtout avec les parures destinées à amadouer les esprits de la mer... L’embarcation croule littéralement sous les casiers à calamars que son fils de 13 ans, Pi Khon, réalise à ses heures perdues. Nous voilà volant vers le large. Pi Khon m’apprend à parer les casiers avant de les jeter à la mer. Un protocole très rigoureux&nbsp;: détacher le casier (sans faire tomber les autres, c’est là que ça se gatte !!!), attacher des ovules de calamars (destinés à attirer les mâles) au centre du casier les casiers, fixer une grosse pierre faisant office de corps-mort sous le casier et une petite sous le flotteur, prendre soin de dénouer la ficelle longue d’une vingtaine de mètre (moi qui est toujours été nul en macramé je ne vous raconte pas…), pour enfin mettre le tout à l’eau de façon délicate… Ca multiplié par 25 casiers&nbsp;: la matinée risque d’être bien remplie, d’autant qu’il est nécessaire de respecter un distance de près de 100 mètres entre 2 casiers mis à l’eau. Je prends vite le pli et peux donc soulager Pi Khon. Pi Chay est plutôt amusé de me voir travailler et content que l’on ait gagné ainsi du temps. Sur le chemin du retour, alors qu’il laisse le gouvernail à son fils, il se roule un petit pétard et nous voilà comme 2 collégiens à nous prendre du bon temps. Dieu que ces Thaïs savent vivre !!!  Sanuk mak mak…<br /><br /></p>



<p>Le lendemain, manœuvre inverse&nbsp;: on reprend le bateau. Cette fois-ci sans son fils. Je vois bien que Pi Chay a détecté le marin qui sommeillait en moi&nbsp;! On lève les casier un a un. En moins d’un quart d’heure le champ de vision idyllique se transforme en un tableau apocalyptique&nbsp;: le ciel se noircit et la pluie finit par s’abattre sur nous avec une force inouïe. Pi Chay reste impassible. J’ai bien compris qu’il ne fallait pas trop que je la ramène. Je m’exécute et continue de remonter les casiers sans broncher. Au début bredouille (ces chameaux de calamars ont boulotté les ovules et ont trouvé le chemin de la sortie !), la pêche devient tout à coup miraculeuse. 2, puis 3 puis 7 par casier&nbsp;! Je n’avais encore jamais vu un calamar fraîchement pêché&nbsp;: translucide, à la limite du transparent,  avec des yeux ronds énormes et moirés… un joyau de la nature. Le plus impressionnant étant les éternuements que la créature produits par l’asphyxie et pour finir l’encre qu’elle sécrète, ultime et vaine tentative d’auto-défense… <br /><br /></p>



<p>Pi Chay a l’air plus que satisfait de sa journée. On s’auto congratule et pour le remercier de son accueil, je lui propose de cuisiner, pour lui et sa famille, le butin de la journée…«&nbsp;à ma sauce » cette fois-ci. Il accepte volontiers, intrigué par ce que peut bien donner un «&nbsp;farang » (occidental) aux fourneaux.
Grosse pression en perspective. Je n’ai vraiment pas envie de les décevoir. Il me revient en tête une recette apprise à Bali à base de crevettes. Je me dis qu’avec du calamar, ça peut le faire. Au menu donc&nbsp;: calamars épicés à l’ail frit et aux basilic.
Pi Chay m’aide à parer les calamars et à me préparer un feu de camp sur la plage.  <img src="/dotclear/images/pee pee 2.jpg" alt="" />((/Robinson Crusoé en aurait été vert de jalousie&nbsp;! Au préalable, je fais la tournée des popotes pour rassembler les ingrédients indispensables&nbsp;: ail, échalotes, piments, nam pla, sucre, aubergines thaïes (les petites vertes qui ressemblent à des petits pois) et basilic chinois (celui qui sent l’anis, la menthe et la basilic, un peur condensé de bonheur !). Pour l’huile, je leur ai réservé une petite surprise&nbsp;: en plus de mon kit de survie de cuisine, j’ai pris soin de venir avec un petit bidon d’huile d’olive. Choc de culture en perspective… Pi Noun m’a gentiment mis à dispo son wok et sa planche à découper. Je m’éclate comme un fou à cuisiner dans cette cuisine improvisée de plein air, malgré les puces de sable géantes qui me piquent les mollets. L’avantage du calamar, c’est que ça cuit vite (10 minutes suffisent). Plus longtemps et vous servez un plat de chamallow  à vos invités&nbsp;!  Alors je trace et je bats le rappelle dès que c’est prêt. Je dois avouer que je suis un tantinet anxieux&nbsp;: même s’ils sont adorables, mes nouveaux amis ne sont pas du style à être indulgents et encore moins à faire «&nbsp;comme si » par simple politesse. Moment de vérité... Ils goûtent, un peu réticents et dubitatifs. Pression… j’ai l’impression d’être comme un sportif olympique attendant le résultat du jury. Victoire&nbsp;! Je les vois se resservir et crier «&nbsp;Aroy mak mak&nbsp;! » (C’est super bon !). Bémol, ils ont tout de même rajouté «&nbsp;May pet nit noy&nbsp;! » (Pas assez épicé !). Bon, là on ne se refait pas. Je resterai toujours quoi qu’il arrive un «&nbsp;farang »…<br /><br /><br /><br /></p>






<p><ins><strong>Recette des calamars épicés à l’ail et au basilic</strong></ins><br /><br /></p>


<p><img src="/dotclear/images/pee pee 3.jpg" alt="" /></p>


<p><strong>Ingrédients pour 4 personnes :</strong><br /><br /></p>



<p>2 calamars parés (mettez la pression sur votre poissonnier) et coupé en lamelles de 1 centimètre de large.
3 cuillérées à soupe d’huile d’olive (pas très asiat tout ça, mais je vous assure, Pi Chay et sa famille ont adoré !)
2 têtes d’ail hachées
4 échalotes émincées
3 piments d’oiseau finement hachés
2 poignées de petites aubergines thaïes (bon pour ça, jetez l’éponge et troquez les aubergines par des petits pois frais ou surgelés)
1 poignée de feuilles de basilic
2 cuillérées à soupe de nam pla (nuoc mam)
2 cuillérées à soupe de sauce d’huître (dispo dans toutes les épiceries asiatiques)
1 cuillérée à soupe de sucre en poudre
Le jus d’un citron vert
<br />
<br />
<br /></p>


<p>Faites chauffer l’huile dans le wok et faites revenir l’ail haché jusqu’à ce qu’il soit doré. Réservez ce dernier.
Faites dorer les échalotes, ajoutez les calamars et faites revenir le tout sur feu vif pendant 5 minutes en remuant sans cesse.
Ajoutez le reste des ingrédients (sauf le basilic et le jus de citron) et faites revenir pendant 3 minutes en continuant de remuer.
Coupez le feu. Ajoutez le basilic et le jus de citron vert. Remuez.
Saupoudrez d’ail frit juste avant de servir.<img src="/dotclear/images/pee pee 4.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/28/13-koun-ka-ki-keun-ko-douane-parce-que-je-le-vaux-bien">
  <title>« Koun ka ki keun ko douan ! » (Parce que je le vaux bien !)</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/28/13-koun-ka-ki-keun-ko-douane-parce-que-je-le-vaux-bien</link>
  <dc:date>2006-07-28T14:48:26+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>4.30 du mat (et oui, l’Asie appartient à ceux qui se lèvent tôt !). Je suis dans le bus qui me conduit vers le sud de la Thaïlande. Histoire pour moi d’explorer les recettes à base de poissons, fruits de mer, lait de coco et accessoirement pour tester les plages paradisiaques ;-)
J’engage la conversation avec ma voisine prénommée Pi Kéo. Elle se rend au marché. Je lui demande pourquoi si tôt. Elle m’apprend qu’elle est vendeuse de Pad Thaï sur un petit bateau. L’aubaine pour moi ! Je lui demande si elle voit un inconvénient à ce que je l’assiste pour la journée. Elle trouve cela plutôt étrange, mais accepte volontiers, par gentillesse bien sûr, mais aussi et surtout par curiosité je suppose…</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>4.30 du mat (et oui, l’Asie appartient à ceux qui se lèvent tôt !). Je suis dans le bus qui me conduit vers le sud de la Thaïlande. Histoire pour moi d’explorer les recettes à base de poissons, fruits de mer, lait de coco et accessoirement pour tester les plages paradisiaques ;-)
J’engage la conversation avec ma voisine prénommée Pi Kéo. Elle se rend au marché. Je lui demande pourquoi si tôt. Elle m’apprend qu’elle est vendeuse de Pad Thaï sur un petit bateau. L’aubaine pour moi&nbsp;! Je lui demande si elle voit un inconvénient à ce que je l’assiste pour la journée. Elle trouve cela plutôt étrange, mais accepte volontiers, par gentillesse bien sûr, mais aussi et surtout par curiosité je suppose…<img src="/dotclear/images/Pi Kéo Ampawa.jpg" alt="" /></p> <p>J’engage la conversation avec ma voisine prénommée Pi Kéo. Elle se rend au marché. Je lui demande pourquoi si tôt. Elle m’apprend qu’elle est vendeuse de Pad Thaï sur un petit bateau. L’aubaine pour moi&nbsp;! Je lui demande si elle voit un inconvénient à ce que je l’assiste pour la journée. Elle trouve cela plutôt étrange, mais accepte volontiers, par gentillesse bien sûr, mais aussi et surtout par curiosité je suppose…<br /><br /></p>



<p>Me voici donc au marché avec Pi Kéo. Avec 10 kilos de marchandises au bout de chaque bras (je la soupçonne de profiter de la situation pour acheter plus de denrées qu’à l’accoutumée), j’essaye vainement de la suivre tellement elle trace dans les allées. Véritable fourmilière malgré l’heure (5H00 !), ce marché a comme particularité d’être installé le long de voies ferrées apparemment abandonnées. Nouilles fraîches, crevettes, porc, échalotes, germes de soja, tamarin, ciboules, coriandre, basilique, cacahuètes, nam pla, œufs, piments frais et séchés… tout y est. Mes biceps en font d’ailleurs les frais. Il est presque 5H30 quand je vois tout le monde déguerpir des voies. Une véritable envolée de moineaux. Pi Kéo me pousse hors des rails et là, médusé, je vois un train me raser les fesses et passer au dessus de tous les fruits et légumes, poissons et autres condiments&nbsp;! Un centimètre de linéaire supplémentaire en hauteur et on a le droit à de l’action-painting façon Jackson Pollock&nbsp;! Ca sonne donc la fin du marché pour Pi Kéo et pour moi la fin de mon calvaire de porteur. Avant de reprendre le bus, je lui propose de prendre un petit-déjeuner dans une échoppe de rue. Pour elle, ce sera une soupe de riz, pour moi riz à l’ail frit et porc croustillant  (je sais, c’est compulsif, même à 5.30 du mat, j’en suis dingue !).<br /><br /> <br />
Je reprends le bus avec Pi Kéo <img src="/dotclear/images/transport 4.jpg" alt="" /><br /><br /><br /></p>





<pre></pre>

<p>Nous voici maintenant dans le jardin de sa maison située en bordure d’un klong (canal). Il s’agit de préparer tous les ingrédients nécessaires au Pad Thaï, c'est-à-dire de faire en sorte que Pi Kéo n’ait aucun travail de découpe à réaliser sur le bateau, uniquement de l’assemblage, en raison du manque de place et d’équilibre sur la frêle embarcation. Sa fille s’est levée pour nous aider&nbsp;: j’entame alors avec elle un petit concours de rapidité sur le ciselage des ciboules. Ouf l’honneur est sauf&nbsp;! On fait bouillir le porc, on épluche les crevettes, on émince les échalotes, on hache l’ail, on broye les cacahuètes, on papotte, on rigole… 1 heure et demi plus tard, on charge la barque de Pi Kéo ou du moins on la surcharge. Non sans blague, vous verriez ça, c’est digne d’un numéro de cirque&nbsp;! J’arrive malgré tout à me frayer une place sur la bombonne de gaz. Nous voilà partis dans un dédale de klongs. C’est magique&nbsp;! Pas un bruit, sauf celui de nos rames fendant l’eau et les branches d’arbres qui nous frôlent le visage. Un vrai décor de cinéma (Téchiné n’a pas fait mieux avec Catherine Deneuve dans Indochine !). Nous passons devant une première maison sur pilotis&nbsp;; Pi Kéo actionne son petit klaxon rasfistollé avec un morceau de plastique et 2 trombones.  Aussitôt, une vieille dame presque centenaire (véridique !) descend les marches jusqu’à l’eau, se met en position de Bouddha et attend patiemment son plat. Son assurance et ses mouvements quasi mécaniques trahissent un rite quotidien. En effet, la vieille dame, amusé de me voir à bord, mais pas si déconcertée que cela, me confirme qu’elle mange chaque matin le Pad Thaï de Pi Kéo (le meilleur de la région selon elle). Pendant ce temps, ma copine marchande de nouilles s’exécute en 2 temps, 3 mouvements. Avec une agilité déconcertante, elle lance le feu sous le wok et fait sauter crevettes, nouilles, herbes et condiments sous mes yeux ébahis. 1 minute 30 auront suffit pour servir une assiette généreuse et gourmande. On salut notre cliente et on repart faire la tournée des popotes. 10H10, cela fait seulement 2 heures que l’on navigue. Mes jambes sont ankylosées, j’ai chaud (et j’ai oublié mon chapeau !). Je ne me plaints pas car Pi Kéo, elle, fidèle à la tâche, dépote à fond. Elle enchaîne commande sur commande (à 20 baths le plat, soit 40 centimes d’euros, elle n’a pas le choix si elle veut faire vivre sa famille !). Moi, plus pépère dans ce coup là, je l’avoue, je me contente de passer les plats, tenir la caisse et faire rire les clients&nbsp;: l’humour y a que ça de vrai dans le commerce et Pi Kéo l’a bien compris… Enfin, dans une certaine limite car Fred, le blagueur, va vite se transformer en Fred, le méga lourdaud. Retour sur les faits&nbsp;: une brise se lève et le chapeau de Pi Kéo s’envole par-dessus bord. Par réflexe, j’essaye de le rattraper au vol… Catastrophe&nbsp;! Je déséquilibre l’embarcation qui manque de se retourner. Je vois les bols de ciboules, cacahuètes et échalotes couler à pic dans l’eau boueuse du canal. L’horreur !!! Je suis plus que confus. J’en oublie mon thaï. Seul «&nbsp;Kotot mak krap&nbsp;! » (mille excuses !) me revient en mémoire et je le répète en boucle. Pi Kéo reste très zen et rigole. Je ne sais pas si c’est pour garder la face ou parce que ça la fait rire pour de bon… Un coup de klaxon, quelques mots lancés à une copine habitant à proximité et de nouveaux bols, fraîchement garnis, finissent par réapparaître comme par magie à bord. Ca c’est la solidarité thaïe&nbsp;! Je me fais dès lors tout petit (enfin sur la barque, c’est compliqué de se faire oublier…). 12H00, je suis littéralement cuit. Je frôle l’insolation. Un client ayant eu pitié de moi m’a offert un chapeau (le bonheur tient vraiment à peu de choses). Pi Kéo garde quant à elle la patate&nbsp;! Il le faut car sa journée ne s’achèvera qu’à 22H00 !<br /><br /></p>



<p>Je finirais bien par percer le secret de ces femmes thaïes à rester toujours en forme et souriantes quelque soit l’effort physique et la dureté de la situation… Comme le dit si bien Claudia Schiffer pour le compte de l’Oréal «&nbsp;Koun ka ki keun ko douan&nbsp;! » (Parce que je le vaux bien !)</p>

<pre></pre>

<p><img src="/dotclear/images/Pi Kéo Ampawa.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/28/12-le-jour-le-plus-long">
  <title>Le jour le plus long…</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/28/12-le-jour-le-plus-long</link>
  <dc:date>2006-07-28T14:14:53+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>Je suis dans le bus de nuit qui relie Chang Mai à Dan Sai, situé en zone frontalière du Nord et du Nord-est de la Thaïlande. 12 heures de trajet. Autant dire un cauchemar, entre les 40 C° ambiants, la promiscuité et l’inconfort des sièges ! Mais ce qui me fait oublier mon calvaire, c’est 1 : la fatigue (le bus à peine démarré, je sombre dans un doux coma…), 2 : « la fête des fantômes » qui m’attend le surlendemain...</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Je suis dans le bus de nuit qui relie Chang Mai à Dan Sai, situé en zone frontalière du Nord et du Nord-est de la Thaïlande. 12 heures de trajet. Autant dire un cauchemar, entre les 40 C° ambiants, la promiscuité et l’inconfort des sièges&nbsp;! Mais ce qui me fait oublier mon calvaire, c’est 1&nbsp;: la fatigue (le bus à peine démarré, je sombre dans un doux coma…), 2&nbsp;: «&nbsp;la fête des fantômes » qui m’attend le surlendemain...<img src="/dotclear/images/Pitakon 2.jpg" alt="" /></p> <p>On m’avait décrit cette fête comme une sorte de «&nbsp;Spirit Pride », des personnes déguisées en fantômes et perchées sur des chars pour rendre hommage à Bouddha en ce début de la mousson. Des esprits dans le bouddhisme&nbsp;: voilà encore une bizarrerie thaïe&nbsp;! <br /><br /></p>



<p>10H00 du mat. Le bus me débarque dans une ville à laquelle je ne m’attendais pas&nbsp;: village-rue sans aucun charme, des banderoles à l’effigie de L’Oréal, Coca Cola et autres sponsors de la fête. Mais qu’est ce que je fous là !!! Bon, on arrête de s’emballer. On va droit à l’office du tourisme pour s’enquérir du programme des festivités. Comme je dis toujours&nbsp;: «&nbsp;on est jamais à l’abri d’une bonne surprise&nbsp;! ». Je lis avec attention le document que l’on me remet. OK, c’est une kermesse interminable&nbsp;: 3H00 du mat (véridique !), procession avec le chamane du village jusqu’à 6H00, 9H00 parade des fantômes&nbsp;! Pas de quoi passer 12 heures dans un bus. Je suis à cran. J’allais jeter le leaflet, lorsque mon œil s’arrête sur la dernière ligne&nbsp;: «18.30 pm&nbsp;: Papaya salad competition ». Je n’y crois pas, d’autant que mon objectif premier en me rendant dans le Nord-est est de maîtriser les arcannes de cette spécialité régionale !!!! Je me rends donc à la mairie pour en savoir plus sur ce concours et espère secrètement pouvoir y participer. Le résultat fut au dessus de mes espérances. Les membres du comité organisateur n’y croyaient pas eux-mêmes car c’était la première fois qu’un «&nbsp;Farang » (terme qui désigne un occidental) participait à cette manifestation. Ils m’ont donc déroulé le tapis rouge&nbsp;: mon emplacement sera prêt, garni et décoré. Tous les ingrédients et ustensiles nécessaires auront été achetés au préalable. Une faluche (obligatoire) sera mise à ma dispo. Idem pour le tablier dont je décline aussitôt la proposition en leur expliquant que je ne voyage jamais sans le mien, ainsi que mon kit de survie de cuisine.<br /><br /></p>



<p>Excité par cette animation des moins banales, je me résous à profiter pleinement de cette très longue journée en me persuadant que pour être vraiment dans le bain de la compétition de salade de papaye verte, véritable apothéose de cet événement, il fallait s’être imprégné de toutes les étapes précédentes. Couché donc à 21H00. Réveil rivé sur le 2.30.
3 du mat&nbsp;: je suis sur la rive de la rivière. Le chamane, frôlant les 90 ans, s’apprête à plonger dans les tourbillons et remous du cours d’eau pour retrouver une petite pierre blanche, symbole de Bouddha renaissant de la noyade (je vous l’a fait courte, car en vrai, c’est super compliqué et en plus sans aucun intérêt). Bizarrement, il y a très peu de monde, genre 30 personnes&nbsp;: je me dis que je me suis fais rouler. Ca c’est encore un truc réservé aux grenouilles de bénitiers (je ne connais pas le terme chez les bouddhistes !!!), un peu comme pour nous la messe de minuit le soir de Noël. On peut dire que je suis aux premières loges, c'est-à-dire prêt à tomber dans la rivière tellement le sol est glissant à cause de la pluie qui commence à pointer le bout de son nez&nbsp;; ce qui va me permettre de voir le chamane glisser discrètement une petite pierre dans son slip de bain… Je le vois descendre dans les remous. Il se tient à une corde retenue par des fidèles. Il cherche, cherche encore. Plonge sa tête dans l’eau boueuse. Il revint, repart. C’est interminable. Puis tout à coup, il pousse un cri de joie&nbsp;: il a trouvé la pierre et la brandit. Moi, je la reconnais, il s’agit bien de la petite pierre dissimulée. Le chameau&nbsp;! Tout ceci n’était que mise en scène !!!
S’en suit une procession interminable dans le village et jusqu’au temple. A genoux, prières, coup de feu, à nouveaux à genoux, re-prières et re-coups de feu. Ca 8 fois d’affiler. Je suis comme un zombi (c’est au moins  raccord avec la fête des fantômes…). 5H00&nbsp;: fin de la procession. Tout le monde se retrouve sur le terre-plein du temple pour une danse collective. Une sorte de rave-after bouddhiste. Sauf que la moyenne d’âge, c’est plutôt 60/70 ans&nbsp;!
N’ayant vraiment plus rien à perdre et surtout ayant une folle envie de me dégourdir les pattes, je me glisse au sein des «&nbsp;oldy-clubbers » pour une danse effrénée, un peu du même acabit que celle que l’on pratique dans les fest-noz bretonnes…<br /><br /></p>



<p>9H00&nbsp;: début du défilés. Enfin sur le papier&nbsp;! En Thaïlande, il est de bon ton de rajouter une heure à l’horaire officiel. Pour les rendez-vous également…  Je suis derrière une barrière et prends mon mal en patience (ça, c’est très bouddhiste !). J’en profite pour m’assoupir…<br /><br /></p>



<p>10H30&nbsp;: début du défilé. Pour de vrai !!!! Là, c’est comme à la gay-pride&nbsp;: succession de chars sur lesquels crachent d’énormes sono, les gogo dancers (et danceuses) se trémoussent. Fantômes, militaires, travestis, écoles… tout le monde est là&nbsp;! «&nbsp;Sanouk mak mak !!!»&nbsp;: c’est une expression qu’utilisent en permanence les Thaïs pour définir quelque chose de fun et drôle. Je comprends alors mieux ce qu’ils entendent par là même. <img src="/dotclear/images/Pitakon 2.jpg" alt="" /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /></p>









<p>14H00. Je suis littéralement cuit. J’en profite pour rejoindre l’équipe qui dort depuis longtemps dans la camionnette. J’ai besoin d’être en forme pour le grand défi qui m’attend à la nuit tombée..<img src="/dotclear/images/coup de pompe 2.jpg" alt="" /><br /><br /><br /><br /><br /></p>






<p>18H00. Je file m’enquérir de news quant au programme des réjouissances et surtout m’assurer que tout roule quant à ma participation au concours de salade de papaye verte. Je comprends vite que l’on va se prendre 1 heure 30 dans la vue (une fois n’est pas coutume !). Je réalise que mes concurrentes (que des femmes) sont au nombre de 10. On m’explique qu’elles sont les reines de la salade de papaye verte et ce, depuis des décennies. Elles ont toutes été briefées de ma participation et, me souffle-t-on, elles ont toutes une niaque d’enfer pour ne pas se laisser détrôner&nbsp;! Pas très bouddhiste tout ça… 19H30, les membres du comité organisateur installent les tables, les napperons, les ustensiles et les ingrédients. Ils me remettent ma faluche et m’expliquent les règles du jeu&nbsp;: pour être homologuée, la salade doit être réalisée en utilisant tous les ingrédients mis à ma disposition (les proportions étant bien sûr à la discrétion du participant). Le plat doit impérativement  être réalisé en dansant (!) et terminé lorsque la musique s’arrête. Le jury, composé de 5 personnes, passera ensuite en revue les 11 salades. Les critères d’évaluation reposent donc sur 3 points&nbsp;: le goût (on s’en serait douté), la présentation (ma grand-mère disait toujours «&nbsp;quand c’est beau, c’est déjà bon&nbsp;! ») et la chorégraphie (c’est le moment ou jamais de mettre à profit mon cours de danse dispensé le matin même !). <br /><br /></p>



<p>20H00. J’enfile mon tablier (celui de l’Atelier de Fred) ainsi que ma faluche et rentre dans l’arène. Pression. Mes concurrentes n’ont pas l’air si terribles. Elles m’accueillent à bras ouvert et rigolent dès qu’elles croisent mon regard.
Au moment où le gong de départ sonne, la pluie arrive comme par miracle&nbsp;! Mais quelle pluie !!! La pub Tahiti Douche n’aurait pas fait mieux. «&nbsp;Sanouk mak mak !», me dis-je en moi-même. Ce n’est pas trop de l’avis de Timothée, notre beau caméraman, qui s’apprête à vivre un cauchemar&nbsp;! <br /></p>


<pre></pre>

<p>Je saisis sans attendre mon mortier et mon pilon et commence à assembler les ingrédients comme je l’ai vu faire à moult reprises dans les échoppes de rues de Bangkok, en n’oubliant surtout pas de me trémousser au rythme endiablé de la musique. Là, commence un spectacle extraordinaire&nbsp;: tout le monde se rue sur nous (les participants) pour nous encourager. Je dois dire que je remporte la vedette&nbsp;: ils sont hallucinés de trouver un «&nbsp;Farang » au milieu des nos mamas locales&nbsp;! Les fantômes me chauffent les mollets, d’autres me photographient, certains m’embrassent. Bref tout le monde est survolté, voire hystérique !!! Fin de la compétition.<br /><img src="/dotclear/images/Pitakon 3.jpg" alt="" /><br /><br /></p>




<p>Le jury passe en revue les salades et se retire pour délibérer. Roulements de tambours… Je crains fort que la mienne ne soit pas assez «&nbsp;pet » (épicée). Pendant cette attente, mes nouveaux amis m’offrent des bières (Asahi, c’est un comble en Thaïlande !). Me voilà à trinquer avec tout le monde.<img src="/dotclear/images/totalement cuit.jpg" alt="" />On rigole, on boit, on attend, je suis totalement raide… A tel point que je n’entends même pas les résultats. Ca vaut mieux car je n’ai pas gagné. Lot de consolation tout même&nbsp;: 300 baths (6 euros environ) et un diplôme&nbsp;! Je suis malgré tout super fier de moi.
Sanuk mak mak !!!!
<br /><br /><br /></p>





<p><ins><strong>Recette de la salade de papaye verte (som tam)</strong></ins> <br /><br />
<img src="/dotclear/images/salade de papaye verte.jpg" alt="" /></p>



<p><em>Ingrédients pour 4 personnes :</em>
1 papaye verte (c'est-à-dire pas mûre)
3 petites tomates cerise
3 petits piments d’oiseau frais
2 gousses d’ail
2 petites échalotes
1 pincée de sel
Le jus d’un citron vert
2 cuillérée à soupe de Nam Pla (sauce poisson)
1 cuillérée à soupe de sucre en poudre
2 cuillérées à soupe de cacahuète grillé à sec non salées broyées</p>


<p>Pelez la papaye, ouvrez-la en deux et retirez les pépins (comme pour un melon)
Râpez la chair (comme pour des carottes)
Dans un grand mortier&nbsp;: disposez l’ail, les piments et les échalotes et pilez-les.
Ajoutez ensuite la moitié de la papaye râpée et toute le reste des ingrédients sauf les cacahuètes. Pilez jusqu’à ce que la papaye soit légèrement «&nbsp;fanée ».
Ajoutez pour finir le reste de papaye. Pilez légèrement.
Rectifiez l’assaisonnement et servez.</p>


<p><ins><strong>NB</strong></ins>&nbsp;: si vous ne disposez pas d’un grand mortier (ce qui est fort probable), pas de panique. Il suffit juste mélanger tous les ingrédients dans un grand saladier (pendant 10 minutes pour «&nbsp;fatiguer » la papaye râpée), en ayant pris soin auparavant de hacher finement l’ail, les piments et les échalotes.
Il existe plusieurs variantes de recettes de Som tam. Celle-ci est la plus basique. J’affectionne particulièrement celle ou l’on ajoute au tout dernier moment des petites crevettes séchées (disponibles dans les épiceries asiatiques). A défaut, prenez des crevettes nordiques surgelées de chez Picard). Faites les dégeler, égouttez-les et faites-les revenir 3 minutes dans une cuillérée à soupe d’huile d’olive.<br /><br />
<img src="/dotclear/images/Pitakon 1.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/26/11-bourreau-malgre-moi">
  <title>Bourreau malgré moi !</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/26/11-bourreau-malgre-moi</link>
  <dc:date>2006-07-26T11:57:28+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>6 du mat, quelque part à l’extrême nord de la Thaïlande, dans une tribu Karen perdue dans la plus haute montagne du pays (j’ai enfin compris où Uderzo et Goscinny ont puisé leur inspiration). Il fait encore nuit et je suis accroupit autour d’un feu de camp dans la maison de Pica, épouse de Pico (véridique !). Non pas pour se réchauffer (il fait déjà 34C°), mais pour préparer les gamelles des paysans qui partent travailler toute la journée dans les rizières...</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>6 du mat, quelque part à l’extrême nord de la Thaïlande, dans une tribu Karen perdue dans la plus haute montagne du pays (j’ai enfin compris où Uderzo et Goscinny ont puisé leur inspiration). Il fait encore nuit et je suis accroupit autour d’un feu de camp dans la maison de Pica, épouse de Pico (véridique !). Non pas pour se réchauffer (il fait déjà 34C°), mais pour préparer les gamelles des paysans qui partent travailler toute la journée dans les rizières...<img src="/dotclear/images/Karen 2.jpg" alt="" /></p> <p>Me voici transporté 30 ans en arrière lorsque j’aidais ma grand-mère à préparer le pique-nique de mon grand-père&nbsp;: je me souviens du temps qu’elle prenait à lui concocter une petite salade de crudités, une portion de veau marengo qui avait mijoté toute la nuit et pour finir une part de tarte aux quetsches. Le tout disposé dans une jolie petite cantinière à compartiments (remis au goût du jour par Antoine et Lili !). Retour à la dure réalité chez les Karen&nbsp;: du riz, du riz et encore du riz&nbsp;! Une consolation tout de même, les gamelles ne sont autre que des feuilles de bananier savamment pliées (je sens que je vais me la péter grave de retour sur Paris avec ma maîtrise de l’origami thaïe). <br /><br /></p>


<p>Nous voici partis pour les rizières qui se situent 2 km en deçà du village. Un tableau vivant s’offre à moi&nbsp;: des rizières en escaliers digne du film d’Oliver Stone «&nbsp;Entre ciel et terre »&nbsp;! Je reste béa d’admiration. Pas très longtemps, car Pico, qui a décelé le paysan qui sommeillait en moi, m’enrôle pour le repiquage du riz. Pur moment de bonheur&nbsp;! Je n’aurais jamais imaginé me retrouver une journée durant dans une rizière et surtout que les paysans me fassent suffisamment confiance pour me laisser la responsabilité de parcelles entières. Sans prétention aucune, je dois avouer que je me débrouillais admirablement. J’avais l’impression d’avoir fait cela toute ma vie ou, mieux, d’avoir vécu dans ce village dans ma précédente vie (à force, je vais vraiment finir par devenir bouddhiste !). J’en oubliais presque le mal de dos et surtout les bestioles bizarres qui me passaient sous les pieds (j’en ai encore la chair de poule !!!!). <br /><br /><br />
<img src="/dotclear/images/Karen 1.jpg" alt="" /><br /><br /><br /></p>





<p>Aux alentours de 11H00, tous les paysans quittent les rizières pour se rassembler dans une petite cahute en bambou. Ca doit être l’heure du casse-croûte. Même si je connais la monotonie du menu, j’en salive à l’avance (après 4 heures de repiquage, je vous garantis que l’on ne joue pas les difficiles !).  Là, je comprends qu’il n’en est rien car le plat de résistance n’est autre qu’un petit cochon, tout noir, tout dodu, tout mignon. Miammm… Ce que je n’avais pas intégré, c’est l’épreuve de bizutage que me réservaient mes nouveaux amis&nbsp;: «&nbsp;Farangset doue kuan mue&nbsp;! » me répétait Pico. Je dois tuer le petit cochon !!!! Non, je n’y crois pas, moi bourreau d’une petite bête aussi mignonne !!! Je vois bien que je ne peux me défiler… Alors, la mort dans l’âme je me lance. Je leur demande malgré tout de me montrer le mode d’emploi (pourvu que ce ne soit pas la technique de l’égorgement telle que je la voyais pratiquer dans mon enfance bretonne !). Grand luxe, il s’agit de la mort par étouffement&nbsp;! Un des paysans me tend un bâton, me maintient la bête au sol et appuie avec moi sur sa carotide. Je sens le petit être se débattre. Ses petites pattes me griffent les mollets. Il me regarde suppliant de le laisser en vie. C’en est trop, mais je ne peux faillir à ma tâche. Je détourne mon regard de celui de ma victime, retiens mes larmes et sers les dents,  tandis que mon second se moque de moi et de ma sensibilité exacerbée… Ca ne fait pas très viril tout ça, mais bon j’assume&nbsp;! Puis, tout à coup, les coups de pattes s’arrêtent, l’œil passe en une fraction de seconde du vif au terne. C’est la fin. Je suis en vidé.<br /><br /></p>



<p>Pico arrive pour dépecer ma victime. Je lui prête mon couteau suisse (quel anachronisme !). Tout le monde finit par s’affairer&nbsp;: Pica aux viscère, une des ses copines aux abats et une derniere aux morceaux nobles. On fait un gros feu de camp. Une partie du cochon se mangera rôtie, l’autre en curry dans un gros chaudron. <br /><br /></p>


<p>Une heure plus tard, on se rassemble dans la cahute et on déguste le tout accompagné de MON riz préparé avec amour et surtout le fameux Mekong, un whisky thaï à vous faire réveiller les morts&nbsp;! Comme dans la BD, le druide est là (véridique !). Il ne manque plus que Falbala. Je dois avouer que je ne boude pas mon plaisir et me resserre généreusement (la faim l’emportant allègrement sur la culpabilité… le whisky m’aidant fortement à me faire oublier mon acte de barbarie !). J’ai alors une pensée émue pour ma maman qui ne cessait de me répéter quand j’étais petit&nbsp;: «&nbsp;Dans le cochon, tout est bon&nbsp;! ».
<img src="/dotclear/images/Karen 2.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/26/10-peche-inattendue-a-ban-lem">
  <title>Pêche inattendue à Ban Lem</title>
  <link>http://www.globe-cooker.com/index.php/2006/07/26/10-peche-inattendue-a-ban-lem</link>
  <dc:date>2006-07-26T11:51:06+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Frédéric Chesneau</dc:creator>
  <dc:subject>Thailande</dc:subject>
  <description>Ban Lem, petit village de pêcheurs à 150 km au sud de Bangkok. Réputé pour ses poissons séchés, je m’y rends pour participer à une pêche de nuit sur un « bateau-lampion ». Le principe en est simple : un bateau est entièrement relooké de centaines d’ampoules électriques et une dizaines d’autres bateaux (plus petits ceux-ci) se dépêchent d’attraper les poissons attirés par la lumière. Le scénographe de la parade illuminé de Disneyland a des leçons à prendre...</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Ban Lem, petit village de pêcheurs à 150 km au sud de Bangkok. Réputé pour ses poissons séchés, je m’y rends pour participer à une pêche de nuit sur un «&nbsp;bateau-lampion ». Le principe en est simple&nbsp;: un bateau est entièrement relooké de centaines d’ampoules électriques et une dizaines d’autres bateaux (plus petits ceux-ci) se dépêchent d’attraper les poissons attirés par la lumière. Le scénographe de la parade illuminé de Disneyland a des leçons à prendre...<img src="/dotclear/images/Pin Yoi Ban Lem.jpg" alt="" /></p> <p>Arrivé au village, construit sur pilotis, nous déjeunons dans une taverne surplombant la baie à perte de vue (le Mont Saint Michel à côté fait office de petite crique !). La marée descendante rend le paysage des plus lunaires, d’autant que la sable est remplacé par de la vase (et oui, la Thaïlande, ce n’est pas toujours La Plage avec Caprio et Ledoyen !). Alors que je déguste des plats plus divins les uns que les autres (soufflé de crabe en papillote, poisson à l’ail et au basilic, lap de porc à la citronnelle et à la coriandre…), j’assiste à un balai incessant de personnes perchées sur des planches de surf, redécorées pour l’occasion d’un parapluie-ombrelle argenté. Nouveau sport en vogue pour la jeunesse dorée thaïe, spectacle de fin d’année pour le collège de Ban Lem ou nouvelle procession bouddhiste&nbsp;?  La patronne du restaurant m’explique qu’il s’agit en fait de pêche aux coques (kep oy). La planche étant le seul moyen pour se déplacer dans de la vase (au risque de s’enfoncer jusqu’au nombril) et l’ombrelle à se protéger de la réverbération du soleil sur l’eau. <br /><br /></p>



<p>Fasciné par cette nouvelle technique de pêche, je décide de m’accoquiner avec un des pêcheurs pour en apprendre les rudiments. C’est donc Pin Oy, une femme d’une cinquantaine d’années,  qui m‘accueille chaleureusement (même si c’est un pléonasme chez les Thaïs) chez elle et accepte, non seulement de m’emmener pêcher avec elle, mais aussi de me faire partager sa fameuse recette de salade de coques (je ne pouvais pas mieux rêver !!!). <br /><br /></p>



<p>Après une séance de déguisement-camouflage&nbsp;: pantalon de pêcheur super sexy (non sans blague, ce pantalon appelé Sadhor n’a rien à envier aux articles vendus chez Colette), tee-shirt à manches longues, chapeau pointu et argile blanche sur le visage, nous voici partis pour une pêche des plus insolites. Grosse leçon d’humilité en ce qui me concerne car je dois avouer que j’en ai bavé pour manoeuvrer cet engin et ce malgré mon passé de skate-boarder lorsque j’étais ado. En revanche, Pin Oy, elle, volait littéralement sur la vase et manoeuvrait avec une agilité déconcertante. La honte sur moi !!! Bon, ce n’est pas tout de savoir se mouvoir, encore faut-il pêcher. C’est là que ça se gâte&nbsp;! Avec mes rudiments de thaï (merci Assimil !), je lui demande «&nbsp;Comment fait-on pour attraper les coques&nbsp;? »&nbsp;; je la voyais bien en effet triturer dans la vase selon une certaine technique pour remonter 4 à 5 coques à chaque prise, alors que je restais jusqu’alors bredouille. Dois-je mettre cela sur le compte d’Assimil ou de mon Alzheimer naissant, j’ai compris a posteriori que je lui demandais en fait&nbsp;: «&nbsp;Qu’est ce que l’on est en train de pêcher&nbsp;? ». S’en suit un dialogue de sourd&nbsp;: moi lui rabachant «&nbsp;Kep ni aray&nbsp;? » et elle me répondant inlassablement «&nbsp;Kep oy !» (des coques !). Bref, 2 heures plus tard, les épaules en feu, des crampes aux fesses, les mollets en bouillie et mon sceau à coques presque vide, je demande à Pi Noy –toujours vive comme un gardon-, de mettre fin à mon supplice.<img src="/dotclear/images/Pin Yoi Ban Lem.jpg" alt="" /><br /><br /> On rince nos planches, on se nettoie, et nous voilà de retour dans sa jolie maison sur pilotis. Tout comme Wonder Woman, Pin Oy se change à la vitesse de l’éclair et endosse sa tenue de cuisinière émérite. Mais où bon sang puise-t-elle cette foutue énergie&nbsp;?  Une fois les coques nettoyées et bouillies, j’aide Pin Oy à les décortiquer. Mangue verte râpée, piments hachés, cacahuètes broyées, nam pla et jus de citron vert viendront sublimer ces coques fraîchement pêchées. <br /><br /></p>


<p>Est-ce l’effort (surhumain) que j’ai du déployer lors de la pêche, le cadre idyllique de la maison de Pin Oy ou bien la fraîcheur et la saveur du plat, j’ai dévoré ce dernier comme si je n’avais pas mangé depuis 3 jours, oubliant ainsi mes pêcheurs de la nuit. Il fait tellement bon vivre chez Pin Oy…
<img src="/dotclear/images/salade de cocques Ban Lem.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
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